samedi 14 novembre 2009

Air - Love 2 (2009)

1. Do The Joy
2. Love
3. So Light Is Her Footfall
4. Be A Bee
5. Missing The Light Of The Day
6. Tropical Disease
7. Heaven's Light
8. Night Hunter
9. Sing Sang Sung
10. Eat My Beat
11. You Can Tell It To Everybody
12. African Velvet

Nicolas Gaudin et Jean-Benoit Dunckel sont deux des plus grands ambassadeurs de la musique française dans le monde. Pas la peine de revenir là dessus, de toute façon, leur succès colossale est mérité. Pourtant, depuis quelques temps, on ressent une certaine baisse de régime symbolisée par la sortie de l'assez insignifiant "Pocket Symphony" en 2007. Ce "Love 2", sixième album du groupe est composé par le duo seulement, sans autre intervenant.

Cette information n'est pas anodine, elle démontre une volonté de retour aux sources du duo versaillais et ça se sent. L'entrée en scène sur l'impressionnant "Do The Joy" donne le ton: nappes de synthés, guitares électriques saturées et la voix cristalline de JB Dunckel. A l'image de leurs précédents travaux, ce nouvel album de air baigne dans une ambiance planante et aérienne.

L'écoute est fort agréable mais que retenir d'un tel album? "Do The Joy", bien sur, quelques autres comme "Tropical Disease", "Eat My Beat" ou "Night Hunter" mais c'est tout et encore, ce sont justes des mélodies qui accrochent l'oreille, rien de plus. On retrouve ce souci majeur des derniers albums de Air: l'ennui s'installe parfois, le son est trop linéaire, on est dans l'album d'ambiance plus qu'autre chose. Certes, le groupe n'est pas connu pour faire des tubes mais quelques respirations au milieu de cette monotonie feraient un bien fou à l'ensemble.

Plus généralement, on a parfois l'impression que le son de Air tourne un peu en rond: ce sont toujours les mêmes mélodies, les mêmes synthés, les mêmes effets. C'est bien dommage, ça l'est d'autant plus qu'on les sait capables d'explorer d'autres terrains plus acoustiques (comme sur "Virgin Suicides"...). "Love 2" n'est pas un mauvais album, il est même plutôt correct, largement supérieur à "Pocket Symphony" mais on a du mal a tout de même du mal à retrouver l'émotion suscitée lors des premiers travaux du groupe.

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* Sing Sang Sung

jeudi 12 novembre 2009

Offrande automnale


Dans le petit monde de la Nu Soul, le clavieriste/producteur Zo! fait figure de véritable pointure. Après Freelance en 2006 et Overdue Process en collaboration avec Asylum 7 au début de l'année, il prépare SunStorm pour l'été prochain sur Foreign Exchange Music (le label de Nicolay et Phonte portant le nom de leur fameux duo). En attendant, on peut trouver un premier EP, "...Just Visiting Too", en téléchargement libre.

Sur ces sept pistes, Zo! a le bon goût d'inviter Sy Smith, Carlitta Durand, Darien Brockington, Phonte ou encore Yahzarah à reprendre des morceaux de Minnie Ripperton, des Isley Brothers ou encore de Stevie Wonder, entre autres.

L'offrande est savoureuse et l' EP est court, mais il baigne dans une ambiance délicieusement Soul, il serait assez bête de s'en priver.

* Pour télécharger le EP
* MySpace

Cette brève est aussi disponible sur Goûte mes Disques.

* Perfect Angel (feat Yahzarah)

Jamie Cullum - The Pursuit (2009)

1. Just One Of Those Things
2. I'm All Over It
3. Wheels
4. If I Ruled The World
5. You And Me Are Gone
6. Don't Stop The Music
7. Love Ain't Gonna Let You Down
8. Mixtape
9. I Think I Love
10. We Run Things
11. Not While I'm Around
12. Music Is Through

Même si l'étiquette un peu pompeuse de "dernier génie du Jazz" est bien trop grande pour lui, Jamie Cullum est un auteur/compositeur/interprète fichtrement doué. A peine trente ans et déjà à son quatrième album, ce petit mec est ultra productif. Il avait laissé le public sur une touche franchement Pop avec "Catching Tales" en 2005, brouillant quelque peu les cartes dans une carrière menée tambour battant.

Ces quatre dernières années, Jamie a voulu faire un break. Il a conçu une compilation regroupant ses multiples influences, "In The Mind Of..." (2007) faisant cohabiter les Clipse, Laurent Garnier ou encore Charles Mingus sur une même galette, symbolisant l'éclectisme du bonhomme. Il est aussi à l'origine du magnifique thème de "Gran Torino", le film de Clint Eastwood. Bref, Jamie Cullum n'a, malgré tout, pas chomé.

La question majeure qui se pose avant l'écoute de "The Pursuit", c'est de savoir si une synthèse est faite ici entre Jazz et Pop. La réponse saute aux yeux, c'est non. En effet, ce disque a ceci d'étrange qu'il est presque coupé en deux. En effet, on retrouve à la fois des morceaux ultra jazzys à la Twentysomething comme par exemple l'excellent "Just One Of Those Thigs" ou encore la reprise de "Don't Stop The Music" de Rihanna (succédant à "Frontin'" ou "Wind Cries Mary" dans la manie de l'anglais à tenter des covers incongrues) et d'autres carrément Pop tels "Wheels", "Mixtape" ou encore "We Run Things".

Chacun trouvera midi à sa porte mais, objectivement, on peut rester songeur sur une telle polarisation de l'album. La partie Pop s'avère certes maitrisée mais néanmoins bien moins intéressante que les morceaux de Jazz. Il est évident que Jamie Cullum est plus à son avantage quand il fait l'andouille avec son piano que quand il chante sur des mélodies assez banales.

Le chanteur anglais a beau faire exploser un piano sur sa pochette, il n'en reste pas moins un artiste de Jazz quoi qu'on en dise. Certes, ses envolées Pop sont parfois interessantes mais c'est encore dans le registre de ses débuts qu'il s'avère le plus pertinent. Dans cette optique, "The Pursuit", disque tiraillé entre deux directions diamétralement opposées, ne s'avère qu'à moitié intéressant. Le succès (ne serait-ce qu'artistique) du chanteur anglais passera soit par une synthèse de sa musique soit par une direction artistique définitive d'un coté ou de l'autre.

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* Don't Stop The Music

Mayer Hawthorne @ Poste à Galène, Marseille, 11/11/09


Vous ne le trouvez pas énervant le buzz Mayer Hawthorne, vous? "Green Eyed Love" passe à peu près quinze fois par demi-journée sur Nova, tout le monde en parle comme de la plus grande réussite de la mode Revival Soul (et Raphael Saadiq alors?) alors que, vocalement, le garçon s'est assez rapidement montré limité (on se souviendra d'une prestation plus que moyenne au Bataclan en mars dernier). Ceci dit, il reste un artiste Stones Throw donc fondamentalement digne d'intérêt et valant l'achat d'un billet de concert.

C'est donc dans le tout petit Poste à Galène que s'est déroulée cette étonnante soirée. Car en effet, bien loin de l'impression finalement assez tiède que laisse l'album (malgré quelques bons moments), la prestation de Mayer Hawthorne et de son groupe, The County, s'est révélée assez impressionnante. Cette formation classique (batterie, basse, synthé, guitare électrique) sublime les morceaux de A Strange Arrangement.

Des morceaux comme "Green Eyed Love" (que tout le monde a repris en chœur, il y avait beaucoup d'auditeurs de Radio Nova dans le public manifestement) ou "I Wish It Would Rain" par exemple, assez crispants sur CD, sont ici bien plus intéressants. Chantés de façon bien plus sobre par Mayer Hawthorne (en live, il n'utilise presque plus son improbable voix de tête, c'est chouette) et joliment interprété par le band qui s'autorise quelques solos bienvenus (on notera la fulgurance du mec au clavier).

Bref, un très beau moment en somme bien que largement trop court. 1 h 10, c'est vraiment trop peu. En même temps, le chanteur de Detroit n'a pour l'instant qu'un seul album à interpréter (ainsi qu'une bien belle reprise du "Mr. Blue Sky" de Electric Light Orchestra), ce qui limite forcément la durée de l'ensemble. Au final, les questions que l'on était en droit de se poser avant le concert n'ont pas trouvé de réponses: il reste dur de savoir si Mayer Hawthorne est un chanteur émérite ou une fraude qui se prend trop au sérieux.

Mais à la fin d'une soirée réussie, d'un show aussi bien huilé et d'une prestation d'ensemble jouissive, on se fout un peu de ces questions d'idéologues. Ce concert était un bien beau moment de musique Soul, c'est déjà beaucoup.

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* "A Strange Arrangement" sur SBM

* Mr. Blue Sky

mardi 10 novembre 2009

Maxwell - BLACKsummers'night (2009)

1 Bad Habits
2 Cold
3 Pretty Wings
4 Help Somebody
5 Stop The World
6 Love You
7 Fistful Of Tears
8 Playing Possum
9 Phoenix Rise

La Nu Soul, on le sait, est une musique qui se regarde beaucoup trop le nombril. Traumatisés par une série d'albums imparables sortis entre le milieu des années 90 et le tout début des années 2000, la plupart des grands noms de cette scène ainsi que les artistes émergeants ont toutes les peines du monde à renouveler le genre, se contentant surtout de re-utiliser les vieilles recettes (ce qui, outre un manque d'inspiration, assure aussi un succès publique minimal).

Maxwell, star du genre s'il en est, se place totalement dans cette optique. Son dernier album (le contesté "Now") date d'il y a huit ans et après de multiples reports, ce "BLACKsummers'night" débarque et est annoncé comme le premier volet d'un triptyque. Le chanteur est connu pour ses ballades langoureuses portées par sa voix de velours mais aussi, et on a tendance à l'oublier, pour ses jams funkys endiablés. L'ambiance d'un album comme "Urban Hang Suite" démontre que Maxwell est bien plus qu'un vulgaire crooner à minettes.

Pourtant, sur ce disque, cette facette là est totalement absente ou presque. Les rares fois où les BPM s'élèvent un peu, ça n'a rien de funky, on a plutôt à faire à une sorte de R'n'B incolore, sans caractère. C'est au mieux ennuyeux ("Cold") et au pire crispant ("Help Somebody"). Seul le bondissant "Phoenix Rise" à la fin dénote carrément, comme si ce morceau venait d'un autre album. En fait, la part belle est faite aux slow jams, les fans du genre en auront pour leur argent.

Sans vouloir entrer dans la polémique, on peut quand même se demander l'intérêt d'une telle démarche, surtout après huit ans de silence. A la rigueur, si toutes ces ballades étaient habilement produites, pourquoi pas, mais non, même pas. Les bases mélodiques sont assez alambiquées et peu prenantes, les instruments monotones, tout cela est joué sans grande fougue. Seule la voix de Maxwell sort un peu l'ensemble de la torpeur et encore, il utilise beaucoup trop sa voix de tête.

Bref, "BLACKsummers'night" peut être considéré comme une franche déception. Après huit années de silence, Maxwell nous livre un album d'une incroyable platitude et au manque de caractère patent. Et puis merde quoi, tout ça est bien trop guindé, trop sérieux, ça aurait été trop demander un peu plus de Cool ou, plus prosaïquement, de basse? Réussir un album de ballades est une entreprise compliquée, impossible sans grand talent ni inspiration à la production. Même vocalement, si tout ça est très propre, un peu plus d'implication n'aurait pas fait de mal.

C'est un véritable coup d'arrêt artistique pour l'auteur de "Sumthin' Sumthin'" ou de "Get To Konw Ya". Et vous savez le pire dans cette histoire? C'est que les ventes de l'album sont au beau fixe des deux cotés de l'Atlantique, montrant la (mauvaise) voie aux futurs albums Nu Soul. Pour dire les choses autrement: dans les mois à venir, on va en bouffer de la bluette à l'eau de rose.

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* Pretty Wings

lundi 9 novembre 2009

People Under The Stairs - Carried Away (2009)

1. Step Off
2. Much Too Much
3. Hit The Top
4. Listen
5. Trippin' At The Disco
6. 80 Blocks From Silverlake
7. Beer
8. Come On Let's Get High
9. Check The Vibe
10. Letter From The Old School
11. DQMOT
12. Down In LA
13. My Boy D
14. Teeth
15. Creepshow
16. Chicken Kebap
17. Carried Away

Les People Under The Stairs, c'est un peu comme des copains qu'on voit parfois. Ce genre de potes dont on dit après avoir passé une bonne soirée avec eux "ah, ils sont formidables, ils sont exactement comme on les avait laissés". C'est un peu l'impression que donne leur musique et, quoi qu'on en dise, c'est vraiment agréable. Comme l'indique la pochette, "Carried Away" est leur septième album dans une discographie jusqu'ici sans fautes.

Ca ne fait qu'une petite année qu'est sorti l'excellent Fun DMC et pourtant, Thes One et Double K sont déjà de retour, plus en forme que jamais. On retrouve toujours cette fougue, cette verve et cette bonne humeur portée par des beats puissants et toujours plus riches musicalement. Tout de même, il est impressionnant ce "Much Too Much": ce n'est qu'une boucle un peu complexe mais il faut arriver à poser là dessus et le duo californien y arrive brillamment pour, au final, livrer un morceau qui fout le tournis.

C'est étrange après tout, on fustige (à juste titre) les artistes proposant toujours la même tambouille album après album mais la lassitude ne pointe jamais son nez dans la musique des PUTS. Il est dur de se lasser de cette ambiance positive, de cette vibe si plaisante. Ce groupe, quand on y pense, est un des tout derniers (parmi les plus connus, bien sur) à avoir un tel état d'esprit: il est devenu rare d'entendre un album où les MCs sont de bonne humeur et disent des choses joyeuses.

C'est brillamment produit, magistralement posé, porté par un état d'esprit des plus nobles et respectables, le tout dans une constance et une homogénéité remarquable (contrairement à son prédécesseur), merde, cet album est juste formidable!

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* Trippin' At The Disco

Migration

Deezer, c'est déjà ringard! Chamboulé par les interdictions multiples des "sympathiques" majors l'amputant d'une grosse partie de son cataloguen le site français n'est plus vraiment le meilleur endroit pour écouter du son en streaming (malgré quelques beaux restes, évidemment).

Non, aujourd'hui, pour écouter du son en streaming légalement, c'est par Spotify qu'il faut passer. Le catalogue est démentiel, l'interface, très pratique. Je linkerais les prochains albums chroniqués vers leurs fiche sur Spotify. Je ne peux que donc vous conseiller (pour mieux apprécier la lecture du blog mais aussi et surtout pour votre propre plaisir) de migrer vers ce programme (en attendant qu'il soit ringardisé dans quelques mois/années par un nouveau truc, l'internet est un monde sans merci).

http://www.spotify.com/